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Il y a maintenant cent ans que le Lhassa-Apso est connu dans le monde occidental. Sa beauté, son intelligence, son comportement, le mystère entourant ses origines, lont placé parmi les races les plus recherchées.Devenu au fil du temps un chien à la mode, il en paye le prix, car depuis une vingtaine dannées limage du chien que nous avons connues sest peu à peu estompée pour faire place à un autre type très spectaculaire mais qui a perdu le charme des premiers Lhassas.Après un bref historique de la race en Occident, nous examinerons comment et dans quelles circonstances cette évolution sest produite .
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Après celle ci les anglais importèrent quelques chiens des Indes, entre autres Jigmey Tarkay of Rungit de lélevage du sherpa Tensing, qui donna le fameux Gunga Dim of Verles, produit par Mrs Harding, et qui fut le premier champion de la race après la guerre.
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Aux Etats Unis, lors de sa visite à Lhassa, en 1934, Syudam Cutting reçut du 13° Dalai Lama, cinq chiens qui lui permirent de créer son fameux élevage, Hamilton Farm dans le New Jersey.
En 1937, il retourna à Lhassa, avec son épouse. Le 13° Dalai Lama étant décédé juste avant leur arrivée, ce fut le Régent qui leur offrit un couple dApsos dorés accompagnés dune lettre précisant : |
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I am sending you two dogs by way of Kalimpong. Please take great care when you receive them.
- Dated 7th of the 1st Tibetan month of the Water-Bird year. |
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Je crains que cette phrase à la fois si simple et si chargée de sens, nait été lue quau premier degré.Nous risquons de ne pas avoir saisi le message spirituel qui sattachait à ces Apsos. Prenez-en bien soin ne faisait pas uniquement allusion à laspect matériel. En effet, ce chien, est à limage dun pays où le spirituel prime sur le matériel, où la nature façonne les êtres en accord avec le milieu ambiant, où la spiritualité imprègne les hommes mais aussi les bêtes à qui elle confère une allure et une expression aristocratiques disparues chez le Lhassa daujourdhui
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Pour augmenter leur cheptel les Cutting importèrent deux chiens de Chine, probablement des Shih-Tzus. En 1940 , ils firent venir aussi sept Shih Tzus anglais qui furent enregistrés une fois encore comme Lhassa Apsos par le Kennel Club Americain. Depuis lors, aucune importation de chien dorigine purement Tibétaine n a été autorisée par l American Kennel Club !!! Les lignées Americaines ne peuvent donc se prévaloir dune ascendance purement Tibétaine. |
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En Allemagne, en 1931 et 1939 le Dr Schäfer visita le Tibet. Lors de son second voyage, il ramena une vingtaine de chiens, incluant des Lhassa Apsos, Terriers, Mastiffs etc.. quil remit au Zoo de Cologne. A la fin de la Guerre les soldats américains les prirent pour une destination inconnue.
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En France, dans les années cinquante, Mademoiselle Violette Dupont créa son fameux élevage Annapurna avec Hamilton Kangmar et Xérés, chien dorigine.
Les autres pays européens suivirent. |
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La race connut un énorme succès aux Etats Unis.
Mr Cutting fit des nombreux adeptes. Parmi les premiers figuraient: • Mme Maryse Stillman - affixe “Amerikal “ |
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A la fin des années 70, quelque temps avant sa mort, se rendant compte que la race ne pouvait plus se ressourcer, puis quaprès linvasion Chinoise le Tibet était devenu inaccessible, elle déclarait : Si vous avez de la chance, vous pourrez juste avoir un fac-similé de Karma, mais des Karmas, il ny en aura plus jamais
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Tandis que lélevage du Lhassa continuait de prospérer aux E.U., les SHOWS commencèrent à jouer un rôle toujours croissant. Afin de sassurer la victoire, les handlers et les groomers ont misé sur le spectaculaire et finirent par imposer aux juges un chien dont la morphologie et les caractéristiques séloignait chaque fois plus du type d origine. Tout ceci a eu une influence considérable chez les éleveurs qui ont ainsi orienté leur production vers ce nouveau type. |
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Ainsi on a fabriqué un chien de concours, une sorte de super-dog, comme les supermen qui règnent aujourdhui dans les stades, sur les routes du Tour de France ou comme les Super-Stars de music-hall.
Le Lhassa nétant pas un chien qui apprécie particulièrement les rings, quelques habiles alliances et des méthodes plus ou moins avouables ont apporté les résultats recherchés : |
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une démarche arrogante
un cou altier une taille plus importante pour avoir plus de présence sur le ring une fourrure toujours plus longue etc... |
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Autant déléments qui ont peu à peu transformé le chien en vedette, en champion des rings!
L authenticité a été abandonnée au profit du spectaculaire. Ce type de chien était à la mode, on le demandait de partout, les éleveurs américains en ont ainsi couvert la planète entière. |
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Mais où est la cynologie dans tout ceci, ??? Où est le respect de la race ? Où est le standard ? La valeur réelle dun chien ne réside pas dans son toilettage ni dans sa présentation mais dans sa conformité avec son vrai type (standard) et dans le respect de ses caractéristiques. |
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Où est le vrai Lhassa Apso, ce petit chien rustique venant du Toit du Monde ??? |
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IN THE MIDDLE OF NOWHERE ( au milieu de nulle part) comme disent si bien les Anglais.
RESULTAT : au risque d étonner certains, le Lhassa Apso nest plus à la mode. La diminution constante du nombre de sujets présentés aux expositions, la baisse des naissances et la baisse des demandes nous amènent à ce constat. En Amérique, ou la progression de ce chien a été foudroyante, on a compté plus de 22.000 inscriptions de naissances par an et la race se plaçait deuxième après le Caniche Celui-ci se retrouve aujourdhui au 23 ème rang, avec 6.800 inscriptions annuelles. (Réf. - A.K.C. ) Au cours des dernières années, les naissances s’élèvent à |
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En Suisse, en Hollande, en Belgique on observe le même phénomène. Cette traversée du désert qui sannonce ne peut être que salutaire car elle permettra enfin de corriger les excès commis depuis plus dune vingtaine dannées. Pour les vrais amateurs de Lhassa, tout ceci nest pas un mal, bien au contraire.Cette situation nous force à réfléchir. Ce nétait là, peut-être pas, tout à fait le chemin à prendre pour une race asiatique, vieille de plusieurs siècles élevée et maintenue selon des critères différents. |
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Le Lhassa Apso nest plus à la mode et le sera de moins en moins, tant que le Show-dog sera considéré comme le modèle de la race. Qui peut avoir comme animal de compagnie un chien avec une telle fourrure, vrai balais des trottoirs, quil faut laver tous les trois jours, faire vivre en cage, en enclos ou sur du gazon pour les mieux lotis, en papillottes ou en tresses pour conserver cette bienheureuse fourrure, en un mot en faire un infirme.Cela parait difficilement concevable.Les éleveurs eux mêmes ont fini par tondre les sujets quils ne présentent pas.
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Alors pourquoi cette recherche outrancière de la fourrure à la limite de lhypertrichose, souvent même provoquée par des produits aussi dangereux que larsenic, strychnine et autres ?? Cette violence contre nature aussi stupide que dangereuse pour le chien, pour en fin, en arriver à la nouvelle mode de lui couper le poil ?
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Cest sans doute là une vision moderne du Lhassa du 3° millénaire .Toutes ces manipulations ne sont pas sans conséquences sur le comportement du chien. On peut trouver là aussi une explication à ces caractères agressifs que lon observe bien souvent chez le Lhassa daujourdhui. Chien de caractère, certes, mais pas de mauvais caractère. Dieu pardonne toujours, lhomme quelques fois, la nature jamais.
Et la cynologie dans tout cela? Elle a été submergée par le spectacle. |
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Tous, éleveurs, juges et amateurs, avons été impressionnés par le style et la présentation de ces monstres sacrés de concours. Le standard a été étrangement oublié au profit du glamour , et au détriment du type et de la taille (pourtant bien précisée dans le standard : 10 inches à 11 inches pour les mâles, les femelles étant plus petites).
La plupart des champions de ces dernièrs années ont été hors standard . |
| A qui la faute ? En grande partie, aux Juges et aux organisateurs dexpositions. |
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Pourquoi ? Parce que ces derniers, par contrainte budgétaire, demandent des Juges polyvalents qui jugent plusieurs races. On assiste ainsi, comme je lai vu de mes propres yeux, au spectacle navrant du Juge, qui ne parle même pas la langue du pays, juger sans interruption, tout le neuvième groupe en ne consacrant même pas une minute à chaque chien et , il va sans dire, ne donnant aucune note, appréciation ou motif de ses jugements. (expérience personnelle lors dun IB à létranger ) Quel est lapport de tout cela à la cynologie ?
Combien déleveurs ne présentent plus leur chien à tel Juge parce quil naime pas le type de leur Lhassa! Quest ce que cela veut dire ? Les juges doivent être pour la race et ne doivent pas avoir de préférence pour un type ou un autre (grand - petit- etc...) alors quil ny quun seul type, le type Tibétain selon le standard. Une bonne connaissance de l'historique de la race est la garantie du respect de lesprit du standard en dehors des influences de la mode. Le premier standard officiel de 1935 stipulait : L’affichage sur le ring d’un poster du standard de la race jugée servirait d’aide-mémoire au juge et permettrait aux éleveurs et spectateurs de mieux comprendre les jugements. • 1 - Reprendre tout à zéro avec des vrais Lhassa-Apsos, rares mais encore existants, notament au Canada et au Bhoutan. |
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